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Achat et vente

Quels sont les frais pour un achat ?

Laure
25/08/2026 10 min de lecture

Ce qui mérite votre attention

  • Le vrai coût d’un bien inclut des frais d’acquisition souvent méconnus, au-delà du prix affiché.
  • Chaque crédit génère des frais annexes invisibles qui peuvent compromettre la capacité d’emprunt.
  • Le type de bien acheté modifie radicalement les charges fiscales et contractuelles à prévoir.
  • Les dépenses après la signature incluent des charges quotidiennes et légales souvent sous-estimées.

Près de 90 % des futurs acquéreurs passent par un simulateur en ligne pour évaluer leur capacité d’emprunt avant même de visiter le moindre bien. C’est logique: aujourd’hui, anticiper les coûts réels d’un achat immobilier fait partie intégrante du projet. Pourtant, beaucoup sous-estiment encore l’ampleur des frais annexes. Alors que le prix du bien capte toute l’attention, c’est bien la somme cachée qui peut faire basculer un dossier. Décryptage complet des postes à ne pas ignorer.

Les postes de dépense indispensables lors de l'achat

Lorsqu’on s’intéresse à un appartement ou une maison, il faut immédiatement sortir du simple calcul du prix affiché. Le vrai coût, c’est celui du budget prévisionnel global, qui inclut plusieurs catégories de frais souvent méconnues. Ces charges, appelées plus justement frais d’acquisition, sont incontournables et doivent être intégrées dès les premières simulations. Sans cette anticipation, même un financement apparemment solide peut se révéler insuffisant.

Les frais d'acquisition ou frais de notaire

Le terme "frais de notaire" est un raccourci trompeur. En réalité, ces frais comprennent trois composantes: les droits de mutation (versés à l’État), les émoluments du notaire (sa rémunération) et les débours (frais administratifs). Dans l’ancien, ils représentent environ 7 à 8 % du prix d’achat, contre seulement 2 à 3 % dans le neuf. La différence? Les droits de mutation sont quasi nuls sur les biens neufs. Quant aux débours, ils tournent autour de quelques centaines d’euros, couvrant notamment les frais de publicité foncière ou les copies d’actes.

La commission de l'agence immobilière

Ce poste varie fortement selon les régions et les mandats. Généralement, la commission se situe entre 3 % et 10 % du prix de vente. Attention: ce coût est habituellement à la charge du vendeur, mais c’est lui qui intègre ces honoraires dans le prix final - ce qui revient à dire que l’acheteur les paie indirectement. Une précision essentielle: si le bien est vendu par agence, le prix affiché doit obligatoirement indiquer s’il est “honoraires inclus” ou non. Cette transparence permet de comparer à armes égales.

  • Frais de notaire: environ 7-8 % dans l’ancien, 2-3 % dans le neuf
  • Commission d’agence: variable, souvent comprise entre 3 % et 10 %
  • Frais liés au prêt: dossier, garantie, assurance emprunteur
  • Taxes locales et charges de copropriété au prorata

Le financement et ses frais annexes

Même avec un apport personnel conséquent, très peu d’acheteurs se passent d’un prêt. Or, chaque crédit génère des frais supplémentaires, parfois invisibles au premier regard. Ignorer ces postes, c’est risquer de surendetter son projet. L’objectif? Intégrer chaque coût dans la capacité d'emprunt calculée par la banque, pour éviter les mauvaises surprises au moment de la signature.

Frais de dossier et de garantie bancaire

Les banques facturent généralement des frais de traitement de dossier, dont le montant fluctue selon les établissements. Certains proposent des offres sans frais, d’autres demandent jusqu’à plusieurs centaines d’euros. Plus significatif: le coût de la garantie. Qu’elle prenne la forme d’une hypothèque, d’une caution (comme Crédit Logement) ou d’un privilège de prêteur de deniers, elle représente typiquement entre 1 % et 2 % du montant emprunté. Ce montant peut parfois être mutualisé ou négocié, surtout en cas de prêt groupe.

L'assurance emprunteur obligatoire

Obligatoire depuis la loi Lagarde, l’assurance couvre le remboursement du prêt en cas d’incapacité, d’invalidité ou de décès. Son coût dépend étroitement de l’âge, de l’état de santé et du profil de risque de l’emprunteur. Elle peut représenter plusieurs milliers d’euros sur la durée du prêt. Depuis la loi Hamon, il est possible de changer d’assurance chaque année à la date anniversaire du contrat. Comparer les offres via la délégation d’assurance est donc une stratégie efficace pour réduire les mensualités.

Comparatif des coûts selon le type de bien

Le type de bien acheté change radicalement la donne en matière de frais. Un terrain nu, un appartement ancien ou une maison neuve ne supportent pas les mêmes charges fiscales ni les mêmes obligations contractuelles. Savoir ces différences permet d’orienter son choix en fonction non seulement du budget initial, mais aussi de la stratégie d’optimisation fiscale à long terme.

Optimiser son budget dans l'ancien

Dans l’ancien, certains leviers existent pour réduire les frais. Par exemple, si le bien est vendu meublé, il est possible de séparer contractuellement le prix du mobilier du prix du bien immobilier. Seul ce dernier entre dans la base de calcul des droits de mutation, ce qui diminue légèrement les frais de notaire. Autre point: les travaux de rénovation, surtout s’ils concernent la performance énergétique, peuvent ouvrir droit à des aides publiques. Enfin, en copropriété, vérifier l’état des réserves et les travaux votés est crucial pour éviter des appels de fonds massifs après l’achat.

Les spécificités du neuf et de la VEFA

Le neuf présente un avantage majeur: des frais de notaire réduits, car les droits de mutation sont faibles. De plus, certaines communes exonèrent partiellement ou totalement la taxe foncière pendant deux ans. En revanche, les frais annexes peuvent surgir ailleurs: personnalisation du logement (cuisine, revêtements, etc.), prestations optionnelles, ou frais de suivi de chantier. Dans le cadre d’une VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), le contrat engage l’acheteur sur un bien encore inexistant - d’où l’importance d’une lecture minutieuse des plans et des conditions.

Type de bienFrais de notaire moyensAvantages financiers spécifiquesInconvénients potentiels
Bien ancien7 à 8 %Possibilité de déduction du mobilier, travaux déductibles en locationTravaux imprévus, charges de copropriété élevées
Bien neuf2 à 3 %Exonération temporaire de taxe foncière, TVA récupérable pour loueurFrais de personnalisation, risque de retard de livraison
Terrain à bâtir5 à 6 %Aucun bâti à entretenir, liberté totale d’aménagementFrais de viabilisation, permis de construire, coût du bâtiment séparé

Anticiper les charges après la signature

Une fois l’acte signé, les frais ne s’arrêtent pas là. De nouvelles dépenses apparaissent, parfois sous-estimées. Elles relèvent autant du quotidien que de l’obligation légale. Prévoir ces postes dès le départ, c’est garantir une installation sereine et éviter les tensions budgétaires dans les premiers mois d’occupation.

Taxes locales et charges courantes

La taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier de l’année suivant l’achat. Elle est calculée au prorata du temps de détention. Son montant varie fortement selon la localisation, la valeur locative cadastrale et les taux votés par les collectivités. En copropriété, les charges comprennent l’entretien des parties communes, le salaire du gardien, les assurances, etc. Chaque trimestre ou semestre, un appel de fonds est envoyé. Il est vivement conseillé de consulter les derniers procès-verbaux d’assemblée générale pour connaître les travaux votés - ceux-ci peuvent représenter plusieurs milliers d’euros.

Frais de déménagement et d'installation

Un déménagement professionnel coûte en général entre 800 € et 2 500 € selon la taille du logement et la distance. Louer un utilitaire avec un camion peut être une alternative économique. N’oubliez pas non plus les frais liés à la mise en service des compteurs: eau, électricité, gaz, internet. Ces formalités, bien qu’anodines, ont un coût. Enfin, prévoyez une enveloppe pour les petits aménagements: peinture, pose de tringles, changement de serrures. Même minimes, ces dépenses s’additionnent vite.

  • Demander systématiquement les derniers PV d’assemblée générale
  • Prévoir un budget pour les petites réparations d’usage
  • Comparer les fournisseurs d’énergie et d’internet dès l’emménagement

Les questions majeures

Peut-on inclure les frais de notaire dans son prêt immobilier?

Oui, il est tout à fait possible d’intégrer les frais de notaire au prêt immobilier. Cela s’appelle un financement à 110 %. La banque accepte de prêter au-delà de la valeur du bien pour couvrir ces frais annexes. Cependant, cela augmente le montant total emprunté et donc les intérêts versés sur la durée. Cette solution allège le coup au comptant mais alourdit le coût global du crédit.

Existe-t-il une solution pour éviter les frais d'agence immobilière?

Oui, acheter en direct entre particuliers permet d’éviter les commissions d’agence. Sur des plateformes spécialisées ou par bouche-à-oreille, certains vendeurs choisissent de gérer eux-mêmes la transaction. Toutefois, cela demande plus de temps, de rigueur administrative et comporte des risques: estimation erronée, vice caché, manque de protection juridique. Le gain financier peut être réel, mais il s’accompagne d’une charge mentale accrue.

J'achète pour la première fois: comment ne rien oublier dans mon calcul?

La clé pour un premier achat réussi est d’utiliser un tableau récapitulatif exhaustif. Listez chaque poste: prix du bien, frais de notaire, agence, crédit, assurance, déménagement, travaux éventuels. Comparez vos entrées et sorties mensuelles. Consultez des simulateurs fiables pour croiser les données. À vue de nez, compter entre 10 % et 15 % du prix du bien en frais annexes est un bon ordre de grandeur pour rester réaliste.

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